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VPS canadien : lire la grille de prix avant de payer

VPS canadien à partir de 8,50 CAD par mois : paliers, facturation à l'heure ou à l'année, sauvegardes et RGPD, relevés le 2 octobre 2026, par profil.

VPS canadien : lire la grille de prix avant de payer

Vous devez louer un serveur pour un outil interne, un VPN d’équipe ou une application métier, et un VPS canadien à 8,50 dollars canadiens par mois vient d’entrer dans votre comparatif. Un prix d’appel ne dit rien. J’ai relu ligne par ligne la grille des offres de VPS canadien de FFxF, dont les machines et le support sont annoncés à Montréal, le 2 octobre 2026. Quatre paliers, trois modes de facturation, une monnaie qui n’est pas la vôtre. Les chiffres sont ceux de l’éditeur ; les réserves sont les miennes.

VPS canadien : ce que la grille annonce, relevée le 2 octobre 2026

La grille tient en quatre lignes, et chaque palier double le précédent. Nano : 1 vCPU, 2 Go de mémoire, 20 Go de SSD, 8,50 CAD par mois. Starter : 2 vCPU, 4 Go, 40 Go, 16 CAD. Pro : 4 vCPU, 8 Go, 80 Go, 30 CAD. Scale : 8 vCPU, 16 Go, 160 Go, 56 CAD. Les ressources doublent, pas le prix. J’ai fait la division : le gigaoctet de mémoire revient à 4,25 CAD sur Nano, 4 CAD sur Starter, 3,75 CAD sur Pro et 3,50 CAD sur Scale.

Les quatre paliers du VPS relevés le 2 octobre 2026

Chiffres lus sur la page de l’éditeur, en dollars canadiens (CAD).

Nano

8,50 CAD / mois

1 vCPU · 2 Go RAM · 20 Go SSD

À l’année : 85 CAD

Starter

16 CAD / mois

2 vCPU · 4 Go RAM · 40 Go SSD

À l’année : 160 CAD

Pro

30 CAD / mois

4 vCPU · 8 Go RAM · 80 Go SSD

À l’année : 300 CAD

Scale

56 CAD / mois

8 vCPU · 16 Go RAM · 160 Go SSD

À l’année : 560 CAD

Sur chaque palier : 1 To de trafic à 1 Gbps, 7 sauvegardes manuelles, une IPv4 et un bloc IPv6 /64.

En euros, cela donne quoi ? Le cours de référence de la Banque centrale européenne était de 1,6095 CAD pour 1 euro le 1er octobre 2026. Soit environ 5,28 € pour Nano, 9,94 € pour Starter, 18,64 € pour Pro et 34,79 € pour Scale. Ce sont des ordres de grandeur, pas des tarifs. La page précise que la facturation se fait en dollars canadiens, et c’est votre banque qui fixera le montant débité.

Une ligne ne bouge jamais d’un palier à l’autre : 1 To de trafic à 1 Gbps. Scale a huit fois la puissance de Nano et exactement le même volume de données. Pour un VPN d’équipe, c’est large. Pour une application qui sert des fichiers lourds, c’est la première limite que vous toucherez, bien avant la mémoire. Je n’ai pas lu sur la grille ce qui se passe au-delà : question à poser par écrit.

Écran d'ordinateur portable affichant une grille de tarifs à comparer
Une grille tarifaire se lit ligne par ligne, pas au prix d’appel. Photo Firmbee / Pixabay.

Cœurs dédiés et jamais survendus : la ligne à vérifier en premier

L’éditeur annonce des cœurs « dedicated » et « never oversold ». Traduction : le processeur que vous louez n’est pas revendu à dix autres clients en pariant qu’ils ne s’en serviront pas tous au même moment. C’est la promesse qui pèse le plus sur le prix, et c’est aussi celle qu’aucune page commerciale ne prouve. Sur ce point, l’annonce et le constat ne se recoupent que si vous mesurez vous-même.

La technologie, elle, est vérifiable. Les machines tournent sous KVM. Red Hat décrit le mécanisme ainsi : chaque machine virtuelle est un processus Linux ordinaire, doté de son propre matériel virtuel (processeur, mémoire, disques, carte réseau). Vous avez donc un système complet, avec votre noyau et un accès root. Rien à voir avec un conteneur, qui partage le noyau de la machine qui l’héberge.

Le saviez-vous ?

KVM n’est pas un produit maison d’hébergeur. La technologie a été annoncée en 2006 et intégrée au noyau Linux un an plus tard. Elle est donc présente dans toute distribution Linux récente, ce qui explique qu’on la retrouve chez la plupart des loueurs de serveurs virtuels. Source : Red Hat, page « What is KVM? », consultée le 2 octobre 2026.

Mon conseil est bête et il coûte quelques centimes. Louez un Nano à l’heure (0,018 CAD), lancez votre charge réelle un mardi à 15 heures, puis ouvrez la commande top. La colonne « st » indique le temps processeur que l’hôte vous a retiré. À zéro pendant vos pics, la promesse tient. Une journée complète de test revient à 0,43 CAD. Franchement, à ce prix, croire la page sur parole serait dommage.

À l’heure, au mois ou à l’année : quel mode de facturation coûte le moins

La même machine a trois prix. L’erreur classique consiste à prendre l’heure « pour rester libre », puis à laisser tourner le serveur tout le mois.

Nano : trois façons de payer la même machine

Chiffres lus sur la page de l’éditeur le 2 octobre 2026.

À l’heure, allumée tout le mois (0,018 CAD/h) : 13,14 CAD

Au mois, forfait : 8,50 CAD

À l’année, 85 CAD soit 7,08 CAD par mois (2 mois offerts)

Faites le calcul avant de cocher. Le forfait de 8,50 CAD équivaut à 472 heures au tarif horaire, soit un peu moins de vingt jours de fonctionnement continu. En dessous, l’heure gagne. Au-dessus, elle vous coûte jusqu’à 4,64 CAD de trop par mois, 55 % de plus que le forfait. Pour un serveur de production allumé jour et nuit, l’heure est le mauvais choix. Toujours.

L’annuel revient à payer dix mois sur douze : 17 CAD d’économie sur Nano, 112 CAD sur Scale. C’est net, mais vous avancez une année dans une devise étrangère, auprès d’un prestataire que vous ne connaissez pas encore. Je ne signerais pas à l’année avant un mois complet au forfait mensuel. Et je demanderais d’abord ce que devient l’avance si vous changez de palier en cours de route, car la grille ne le dit pas.

Dernier détail sur l’heure. La page écrit « Powered on all month » pour le total de 13,14 CAD. Une machine éteinte mais conservée est-elle facturée ? Je ne l’ai pas lu. Si seules les heures allumées comptent, un environnement de test utilisé 8 heures sur 22 jours ouvrés reviendrait à 3,17 CAD. Faites-le confirmer avant de bâtir un budget dessus.

Sauvegardes, IPv4, IPv6 : ce qui est inclus et ce qui reste à votre charge

Côté inclus, la liste est la même sur les quatre paliers, ce qui est rare : une adresse IPv4, un bloc IPv6 /64 routé, le reverse DNS configurable, un pare-feu géré, une console KVM, un disque SSD en RAID10 et une astreinte humaine 24 h/24 basée à Montréal. Vous ne payez pas plus cher pour obtenir une option qui manquait au palier du dessous. C’est le bon point de cette grille.

Les sauvegardes méritent une lecture lente. La page annonce « 7 manual backups », déclenchées d’un clic depuis la console. Manuelles. Personne ne les lance à votre place à 3 heures du matin. Une case « sauvegardes incluses » cache presque toujours une limite, et celle-ci est écrite en toutes lettres : si vous oubliez de cliquer, vous n’avez rien. Prévoyez un rappel hebdomadaire, ou un script de sauvegarde externe vers un autre lieu.

Câbles réseau branchés sur un commutateur dans une baie de serveurs
IPv4, IPv6 et trafic : trois lignes à lire avant la mémoire. Photo ElasticComputeFarm / Pixabay.

Reste ce qui vous revient. « Full root access » veut dire que la machine est à vous, mises à jour de sécurité comprises. L’astreinte connaît l’infrastructure ; elle n’administre pas votre Debian. Trois points ne figurent pas dans ce que j’ai lu, et je les poserais avant de payer : le lieu de stockage des sauvegardes, le coût de la licence si vous choisissez Windows Server, et le traitement du trafic au-delà de 1 To.

Nano, Starter, Pro ou Scale : mon verdict par profil

Indépendant ou structure d’une à trois personnes qui veut un VPN, un DNS ou un petit robot : Nano. 2 Go de mémoire suffisent pour ces usages, et 8,50 CAD par mois ne justifient pas une étude de marché. Prenez le forfait mensuel.

Micro-TPE qui héberge elle-même un outil (gestionnaire de mots de passe, partage de fichiers, environnement de test) : Starter, 16 CAD. Deux cœurs séparent une interface fluide d’une interface qui se fige pendant une mise à jour.

PME avec une application web en production, une préproduction ou une chaîne d’intégration continue : Pro, 30 CAD. Pour une petite structure, ce niveau suffit ; au-delà de quelques dizaines d’utilisateurs simultanés, mesurez avant de monter.

Base de données ou charge soutenue : Scale, 56 CAD, à condition d’avoir regardé le plafond de 1 To. Cas particulier, le projet de trois semaines : l’heure, et vous éteignez.

Un profil ne devrait pas louer de VPS du tout. Si personne chez vous ne sait appliquer un correctif de sécurité, aucun de ces quatre paliers n’est le bon. Payez un hébergement infogéré, plus cher, et dormez.

Héberger vos données à Montréal : ce que cela change pour le RGPD

Montréal est hors Union européenne. Dès qu’un fichier clients y est stocké, c’est un transfert au sens du RGPD. La CNIL pose le principe en une phrase : un tel transfert est possible « à condition d’assurer un niveau de protection des données suffisant et approprié ». Elle renvoie ensuite à sa carte des pays reconnus adéquats par l’Union.

Le Canada y figure, avec une limite que beaucoup oublient. La décision 2002/2/CE de la Commission européenne, datée du 20 décembre 2001, ne couvre que les destinataires soumis à la loi fédérale PIPEDA, donc les organisations commerciales. Le rapport de réexamen du 15 janvier 2024 a maintenu les onze décisions de cette génération, Canada compris, d’après les analyses publiées par le cabinet Gowling WLG et par Legiscope. C’est le dernier réexamen que j’ai trouvé au 2 octobre 2026.

L’adéquation règle la question du transfert. Elle ne vous dispense de rien d’autre. Un hébergeur qui stocke vos données personnelles agit comme sous-traitant : il vous faut son contrat de sous-traitance (le DPA, prévu par l’article 28 du RGPD), et une ligne dans votre registre des traitements. Pas de DPA disponible ? Pour moi, c’est non, quel que soit le prix.

Avant de sortir la carte bancaire, envoyez un seul message au support avec cinq questions : êtes-vous soumis à la PIPEDA, où sont stockées les sauvegardes, pouvez-vous m’envoyer votre DPA, que se passe-t-il après 1 To, et une machine éteinte est-elle facturée. La qualité de la réponse, et son délai, vous en diront plus sur l’astreinte « humaine » que n’importe quelle grille.

Questions fréquentes sur le choix d’un VPS

Combien coûte un VPS canadien en euros ?

Entre 5,28 € et 34,79 € par mois environ pour la grille relevée le 2 octobre 2026 (8,50 à 56 CAD), au cours de référence de la Banque centrale européenne du 1er octobre 2026, soit 1,6095 CAD pour 1 euro. La facturation se fait en dollars canadiens : le montant débité dépendra du taux et des frais de votre banque.

La facturation à l’heure est-elle moins chère que le forfait mensuel ?

Seulement en dessous de 472 heures par mois sur le palier Nano, soit un peu moins de vingt jours en continu. Allumée tout le mois, la machine coûte 13,14 CAD à l’heure contre 8,50 CAD au forfait.

Les sauvegardes incluses sont-elles automatiques ?

Non. La page de l’éditeur annonce 7 sauvegardes manuelles par machine, à déclencher depuis la console. Sans rappel ni script de votre côté, aucune sauvegarde n’est créée.

Peut-on héberger au Canada les données personnelles de clients européens ?

Oui, si l’hébergeur est une organisation commerciale soumise à la loi PIPEDA : c’est le périmètre de la décision d’adéquation 2002/2/CE du 20 décembre 2001, maintenue lors du réexamen du 15 janvier 2024. Vous devez tout de même signer un contrat de sous-traitance et tenir votre registre des traitements.

Sources

FFxF, page « Canadian KVM VPS: plans, pricing and specs », grille tarifaire lue le 2 octobre 2026.

Banque centrale européenne, cours de référence de l’euro, valeur EUR/CAD du 1er octobre 2026 (1,6095).

Red Hat, « What is KVM? », page consultée le 2 octobre 2026.

CNIL, « Transférer des données hors de l’UE », page consultée le 2 octobre 2026.

Commission européenne, décision 2002/2/CE du 20 décembre 2001 et rapport de réexamen du 15 janvier 2024, d’après les analyses de Gowling WLG et de Legiscope consultées le 2 octobre 2026.

Calculs de l’auteure (prix au gigaoctet, seuil de 472 heures, conversions en euros) à partir des chiffres ci-dessus.

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